L’EUROPE EN ROUGE ET NOIR
Frais d'envoi offerts jusqu'à Noël !



Un livre qui ravira tous les amoureux de l'OGC Nice

240 pages - 190 photos en couleur


Frais d'envoi offerts jusqu'à Noël !
Livraison en 48h

Prix TTC : 15€


On en parle sur France Bleu 
(cliquez sur l'image pour lire)



Règlement par chèque : à l’ordre de Serge Gloumeaud. Adresse : 134 avenue de la Grange Rimade - Lou Pounent 2 - 06270 Villeneuve Loubet


En magasin : à Auchan La Trinité ; à la librairie de Leclerc Saint Isidore ; à la boutique du Musée National du Sport (Allianz Riviera) ; à la boutique du Club des Supporters (stand tribune Garibaldi les soirs de match et 44 rue Arson à Nice) ; au local Boulegan Sian Nissart (1 rue Cais de Pierlas à Nice).



Extraits :

Chapitre 1 [ Amsterdam ]
« Champions en herbe »
« Nous bravons donc ce temps de chien et nous nous retrouvons rapidement confrontés à un cordon de police encadrant l’arrivée d’un cortège de Niçois en provenance de la station de métro toute proche. Ce sont les supporters ayant rejoint la capitale en bus qui arrivent du centre-ville où ils ont déjà fait connaissance avec des bandes de Hollandais voulant en découdre, des policiers en civil jouant les provocateurs et des gardes à cheval dotés d’une sacrée propension à utiliser la matraque. Du coup, certains gars du Comté sont entrés en rébellion, l’un d’eux ayant eu même le malheureux réflexe de leur montrer… ses fesses. Un geste non dénué d’humour, bien évidemment, mais manifestement perçu comme outrageant par les agents autochtones qui ont embarqué notre supporter dont la faculté à se déshabiller est pourtant habituellement très appréciée par le Hollandais naturiste en vacances dans le sud de la France. Une vingtaine d’autres supporters seront aussi interpellés par des agents particulièrement zélés… Finalement, après plusieurs heures de voyage et plus de mille cinq cents kilomètres parcourus, ils manqueront le match et devront s’acquitter d’une amende de trois-cent-cinquante euros pour recouvrer la liberté ! Welkom in Amsterdam!

Alors que les abords de la porte K, accueillant de nombreux véhicules de police, prennent des allures de camp retranché, je me faufile avec Dave pour atteindre la grille d’entrée de la tribune. Notre billet est vérifié par des stadiers très polis qui nous accueillent même avec un « Bonjour » et un « Merci » en français dans le texte. La fouille corporelle est plutôt légère, mais elle est suivie d’un « reniflage » réalisé par un toutou dont le regard exprime ouvertement une terrible envie de dévorer les mollets du premier supporter venu. D’ailleurs, j’ai une pensée pour Steph dont il n’a dû faire qu’une bouchée après avoir déniché les fameux biscuits de l’espace… "

Page du livre :

 Chapitre 3 [ Zulte - Waregem ]
« Road-trip pour un arc-en-ciel »

« Nous sommes un peu plus de trois cents à garnir les travées de la tribune des visiteurs tandis que les supporters de Waregem peinent à remplir leur stade. Les joueurs niçois s’échauffent devant nous, ce qui permet de leur adresser d’emblée quelques chants visant à les motiver et à leur montrer que nous sommes bien présents. On ne saura probablement jamais si ce soutien leur permettra d’être plus performants, mais on aime à le penser.

Vingt-et-une heures après avoir quitté Nice, l’évènement pour lequel nous avons effectué ce long et sympathique voyage va enfin débuter. C’est donc avec une joie non dissimulée que nous assistons à l’entrée des joueurs sur le terrain alors que les tribunes sont désormais bien remplies. Durant cette séquence, nous entendons pour la première fois les supporters de Waregem et notamment le Kop qui, malgré un nombre de membres qui ne suscite pas notre jalousie, sait donner de la voix. La quasi-totalité des supporters niçois s’est regroupée sur le côté droit de la tribune et, à l’aide d’un mégaphone de poche, le capo donne le ton et le tempo, le tout proposant un rendu d’excellente qualité, me semble-t-il. Pourtant, sur le terrain, le Gym subit déjà les assauts des Belges qui se procurent deux occasions de but d’affilée. Des actions qui chauffent le public local qui met tout à coup une ambiance très surprenante au regard de ce qui avait été proposé jusque-là. Nous souffrons donc sur le terrain tout autant qu’en tribune…

Pourtant, sur l’une des premières percées niçoises, nous allons avoir la divine surprise d’ouvrir le score. Le buteur, Pléa, vient même fêter son but devant notre tribune en liesse. Désormais, la fête est lancée et les chants sont repris avec une sacrée vigueur par tous les bienheureux présents. Alors que nous ne sommes pas encore remis de l’émotion du premier but, voilà qu’une deuxième réalisation nous transforme en joyeux éberlués. Et que dire lorsqu’un troisième but est marqué, nous laissant penser que quelque chose de peu commun est en train de se passer devant nos yeux ébahis. « Qui ne saute pas n’est pas niçois ! », « Mounta cala », « Un jour pas comme les autres »… : toute la panoplie des chants est reprise par des supporters dont les pieds ne touchent plus terre. Le Gym mène trois buts à zéro en coupe d’Europe et à l’extérieur ! Je me pince pour y croire… Au-delà du résultat, c’est le jeu proposé par les aiglons qui me subjugue et me remplit de bonheur. La fatigue des quinze heures de bus est oubliée. D’ailleurs, quelle fatigue ? »


Chapitre 4 [ Rome ]
« Cauchemar en plein rêve »

« Roma! La simple évocation de ce nom me bouleverse et me renvoie vers les images d’une ville sidérante, mêlant des quartiers contemporains avec des lieux historiques et dont les habitants sont les dignes héritiers des créateurs de la « dolce vita ». Et surtout, pour les amoureux du football, ce nom évoque une place forte du Calcio avec la présence de deux clubs emblématiques : la Roma et la Lazio.  Même si les résultats sportifs ne sont pas toujours au rendez-vous, on ne peut être qu’impressionné par la passion qui entoure ces deux équipes, chaque Romain choisissant son camp : « Romanista » ou « Laziale ». Je dois me pincer chaque jour pour réaliser que l’OGC Nice fera partie de ce monde le temps d’une rencontre de coupe d’Europe jouée au mythique Stadio Olympico ! Cette confrontation aide à me convaincre encore un peu plus que le Gym touche désormais du doigt un niveau sportif qu’il n’avait jamais atteint, tout au moins de mon vivant. L’Italie fait partie de ces pays où le football est roi et s’immisce dans toutes les strates de la société. Il est donc possible d’entamer une discussion sur ce sujet avec un étudiant, un cadre, un ouvrier ou encore une retraitée sans que votre interlocuteur ne vous interrompe inévitablement avec une phrase du genre : « Oh, vous savez, moi, le football… » ou « Encore du football ! »… 

Prenons un exemple : Alessandro Piperno est un écrivain italien qui remporta le Premio Strega, équivalent du prix Goncourt français, en 2012. Lorsqu’on lui demande de se présenter, il tient toujours à préciser avant tout qu’il est … supporter de la Lazio ! Peut-on imaginer Michel Houellebecq, prix Goncourt 2010, démarrer ses interviews en précisant qu’il est avant tout supporter de l’OGC Nice  (par exemple) ? Et il faut écouter Alessandro Piperno parler de sa passion Laziale pour comprendre qu’il ne fait pas semblant… « Moi, je ne suis pas enthousiaste dans la vie. Ma compagne me le fait d’ailleurs remarquer. Elle me dit que les seuls moments de ma vie où on peut voir de la joie sur mon visage, c’est quand je reviens du stade et que les choses se sont bien passées. Une semaine après une victoire dans un derby contre la Roma, je suis toujours dans cet état de légère euphorie, d’ivresse. De temps en temps, des romanistes me demandent si on ne pourrait pas voir le derby ensemble. Non, bien sûr. Jamais. Parce que tu me dégoûtes. Parce que je voudrais te voir mort. Des fois encore, je m’ennuie au stade. Des fois même, je n’ai pas envie d’y aller. J’habite très loin. Je vieillis. Je n’ai plus de scooter. J’y vais en voiture. Je me gare à quatre kilomètres du stade. Je dois marcher quarante-cinq minutes, parfois sous la pluie. Mais une fois que j’arrive, je me sens bien. C’est comme la messe. Parfois, cela ne fait pas plaisir, mais il faut y aller. C’est pareil. »


Chapitre 5 [ Arnhem ]
« Un pont trop loin »

« Toutes les rues du centre-ville piéton d’Arnhem se ressemblent et il nous faut l’aide du GPS d’Alex pour atteindre notre objectif, d’autant plus que la nuit est déjà tombée alors qu’il est à peine 15h30… La pluie, quant à elle, semble se faire un plaisir de continuer à arroser abondamment les Niçois de passage. Après une promenade qui n’a rien de bucolique, nous parvenons au bar en question. Devant l’entrée s’est formé un attroupement où l’on entend distinctement parler français, preuve que nous avons touché au but.

Apparemment, un filtrage est effectué de façon à vérifier que les entrants sont bien niçois. Nous passons la sélection avec succès et nous nous retrouvons dans une salle exiguë où sont attablées une cinquantaine de personnes. Alex et Seb retrouvent leurs acolytes de la secioun Parigi avec lesquels ils ont lié des liens amicaux lors de précédents déplacements. Parmi les présents, je croise avec plaisir Fabien, un membre de la Populaire Sud qui avait effectué la saison passée le déplacement à Krasnodar. Lorsque j’évoque avec lui les incidents qui ont empêché une centaine de supporters de prendre l’avion hier soir, il m’explique qu’il n’avait fort heureusement pas prévu d’effectuer le déplacement avec eux. Il m’informe aussi qu’une vingtaine de « refoulés » ont décidé de prendre l’avion ce jour à destination de Lille puis de rejoindre Arnhem en véhicule de location. Je remarque aussi une dizaine de gars au profil nordique et parlant étranger. Dans un premier temps, je pense qu’il s’agit d’habituels clients hollandais, mais je m’étonne tout de même d’une entente si cordiale entre Niçois et Arnhemois…

Quelques minutes à peine après notre arrivée, tout le monde se lève comme un seul homme et quitte le pub. Nous sommes quelque peu surpris et imaginons même que c’est notre venue qui les a fait fuir. Il faut dire que nous sommes impressionnants, en particulier Seb accompagné de ses balais…  Disciplinés, nous suivons le mouvement et nous nous retrouvons dehors, sous la pluie, à nous demander quel est le programme à venir. Manifestement, la troupe des Niçois a été remarquée puisque des fourgons de police ont pris place en face du bar, dont un véhicule équipé de caméras. D’autres policiers sont aussi aux alentours et demeurent aux aguets. La question que je me pose est de savoir s’ils sont présents pour protéger la population d’éventuels écarts des supporters niçois ou bien s’ils cherchent à nous protéger d’une éventuelle attaque de supporters de Vitesse ?  L’ambiance devient de plus en plus froide et humide..."


Chapitre 6 [ Moscou ]
« Do svidaniya Yevropa! »
« L’heure du match est encore lointaine et les alentours du stade sont quasiment déserts. Aussi, lorsque j’entre dans la boutique du Lokomotiv, il n’y a que trois clients, dont moi… Pour la première fois, je croise des supporters locaux et je me demande quelle va bien pouvoir être leur réaction à la vue d’un niçois. Dans le doute et toujours imprégné de la mauvaise réputation qui les accompagne, je me fais discret. Ne sait-on jamais… J’arpente donc nonchalamment les allées de cette modeste boutique à la recherche de ma traditionnelle écharpe que je trouve très rapidement. En revanche, petite déception puisqu’il n’y a pas de frigo à vendre… À la caisse, les deux jeunes vendeurs sont plutôt sympathiques et me laissent même repartir sain et sauf alors qu’ils ont bien compris que j’étais un ennemi. Mais peut-être sont-ils déjà en train de prévenir les hooligans de ma présence incongrue ? L’avenir le dira…

Je poursuis ma découverte des environs, me promenant dans les allées au sol gelé et aux abords enneigés. J’assiste ensuite à l’arrivée d’une dizaine de camions de police. Des hommes en descendent et se lancent dans l’installation d’une tente, avec plus ou moins de réussite… Certains en profitent pour fumer une cigarette, cachés derrière les véhicules, à l’abri des regards, excepté du mien.  Nous sommes en début d’après-midi et il est désormais grand temps de penser à déguster quelques mets locaux. Mon guide évoque quelques plats qu’il me tarde de goûter, tel que le bœuf Stroganov, fait de lamelles de bœuf cuites dans une sauce à la crème, l’oloubtsy, une sorte de choux farci à la sauce tomate ou encore une Borshtch, soupe à la betterave et à la viande. J’en ai l’eau à la bouche lorsque je traverse la large avenue située devant le stade par un passage souterrain pour me rendre vers des établissements ressemblant à des restaurants. Mais une fois sur place, je constate avec dépit que l’un est fermé et que l’autre est carrément à l’abandon… Je consulte à nouveau mon guide pour savoir si un restaurant est recommandé dans le quartier, mais le quartier n’est pas dans le guide ! Au pied de barres d’immeubles, le long d’un périphérique, sur un trottoir glissant comme une savonnette, je commence à me demander, avec toute la mesure qui me caractérise lorsqu’il s’agit de nourriture, si je ne vais pas mourir de faim avant d’avoir pu trouver un quelconque restaurant… Du coup, je décide de retourner vers la zone commerciale à proximité du stade et, l’humeur bougonne, je me résigne à visiter ce pittoresque magasin typiquement russe qu’est… Auchan. Moi, le niçois qui voulait connaître la vie quotidienne des Moscovites, je suis comblé de faire mes courses à leurs côtés !"